Vladimir Roubaïev ou les provinces de l’irréel (Serge Lentz)

Ce livre-là m’a été conseillé par une lectrice de ce blog qui officie sous le pseudonyme de Bldine, et on peut dire qu’elle a vraiment bien fait de me le conseiller. Ca s’appelle Vladimir Roubaïev ou les provinces de l’irréel et rien que le titre me plaît. « Les provinces de l’iréel « , nom de Dieu, allez savoir pourquoi ça me parle à ce point.

Lorsque Vladimir vint au monde dans la propriété des Grands Chênes, son père, Ivan Roubaïev, fut à la fois épaté et abasourdi par l’air peu commun de ce nourrisson qui, à peine né, semblait déjà le regarder. Sa mère quant à elle, horrifiée par cet enfant si placide qui semblait déjà tout observer, se mit en tête qu’elle avait engendré le démon, et il n’en fallut pas plus pour que naisse la légende de Vladimir Roubaïev, enfant étrange ou démoniaque, selon les dires, qui bien des années plus tard, allait encore interpeller tous ceux qui le croiseraient. Vladimir grandit dans la riche propriété de son père, un Ukrainien alcoolique et acariâtre en proie à la folie passagère qui voit sa vie changer et s’illuminer le jour où il croise le chemin de Rivka, la fille de son intendant juif. Ainsi grandira le jeune Vladimir, éduqué par la compagne juive de son père, une femme aimante ayant un goût certain pour les histoires fantastiques ou fantaisistes et cultivant le goût de l’irréel. Dès l’enfance, la vie de Vladimir le géant (« il était de taille si haute qu’il contemplait le monde à deux têtes au-dessus des autres ») ne cessera d’être ponctuée de rencontres drôles, touchantes ou incongrues, et chaque moment marquant de son existence sera sujet à des légendes. Il grandira aux côtés d’une demi-soeur jouant les divas torturées, sera « partiellement éduqué » par une girafe, se liera d’amitié avec Schloïmeh Confiture, l’un des mendiants du village, séjournera chez son cousin Maxime, adeptes des jurons, découvrira les bordels puants de Saint Pétersbourg avec son compagnon Djo, et toujours, gardera ce goût pour le fantastique et l’irréel que lui a inculqué Rivka, la libre penseuse. Vladimir n’est pas seulement l’homme le plus grand qu’on n’ait jamais vu, il a été un loup avant cela, il en est sûr. Il s’en convaincra davantage la nuit où il croisera la route de Malka, la jeune bohémienne qui fut un oiseau, à moins que ce ne fut une roussalka, l’une de ces magiciennes qui se jouent des hommes pendant la nuit. Vladimir contemple les oiseaux, achète des pigeons en cage pour les voir s’envoler, il part seul à pieds à travers la Russie, rencontre Bolka le Magnifique, conteur et faiseur de pluie, s’éprend de la femme française de son frère Vania et tout au long de ces pages, c’est un bonheur d’être promené dans l’univers romanesque et poétique de Serge Lentz et de son Roubaïev.

Alors vraiment, foncez et dégotez-vous un exemplaire de ce petit trésor de lecture. Et un grand, très grand merci à Bldine pour la découverte.

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