Mange, prie, aime (Elizabeth Gilbert)

Une malaysienne prénommée Kel m’a conseillée de lire son livre préféré au monde : Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert.

Et pour le coup, j’ai bien envie de faire une exception à la règle et de vous dire ceci : si vraiment le titre vous branche ou vous intrigue, épargnez-vous une dépense inutile et une triste perte de temps, et filez plutôt télécharger illégalement son adaptation cinématographique puisqu’adaptation il y eut (comme d’hab). En plus il paraît que dans le film, l’héroïne est incarnée par Julia Roberts ce qui me semble parfait ma foi, il fallait bien une actrice insupportable pour incarner la non moins insupportable héroïne de cette aventure.

Je vous la fais courte : Elizabeth, l’auteur et héroïne de ce roman, est une trentenaire qui a tout. Un mari génial, une maison magnifique en banlieue, une belle gueule,  un job de journaliste qui l’exalte, une paye avec plein de zéros, et une vie sociale remplie de moments et de personnes forcément cool. En gros vous voyez, y a Jane Eyre, et puis il y a Elizabeth Gilbert. La première ne se plaint pas mais maudit parfois le ciel et la providence en douce. Et le jour où elle a double ration de croûtes de pain à l’orphelinat, c’est un peu la fête. Elizabeth elle, est au fond du trou parce que sa vie est trop parfaite et trop géniale, pauvre chérie. Bon, je juge pas hein, on a le droit d’avoir une vie avec tout ce qu’il faut et de se sentir vide quand même hein, c’est pas à une mère au foyer frustrée et débordée que vous allez apprendre ça, nom d’un chien.

Et bref, un beau jour, Elizabeth se rend compte que sa vie est trop géniale et que c’en est insupportable. Alors elle décide de divorcer pour tout recommencer à zéro après avoir parlé à Dieu sur le carrelage de sa salle de bains. Elle décide donc de tout laisser tomber, de quitter banlieue chic et mari sexy pour partir vivre la Dolce Vita en Italie, bouffer comme une truie et apprendre l’italien. Tout en continuant à parler à Dieu, hein. Parce qu’après avoir mangé cent fois son poids en pasta,elle décide d’aller trouver Dieu en Inde dans un ashram, comme toutes les newyorkaises adeptes de yoga et de macrobiotiques, j’ai envie de dire.

Oui je sais, je suis mauvaise langue. Je devrais m’émouvoir de cette aventure spirituelle, respecter cette courageuse américaine qui un jour a rencontré le Bon Dieu dans sa salle de bains. Mais ai-je envie de lire le récit de son soit disant voyage initiatique pendant des centaines de page ? Pas trop. Dans ce cas, quitte à lire des récits de gens ayant rencontré Dieu, autant relire Gitta Mallasz. Et peut-être que le concept de personne lambda qui trouve soudain la foi devrait m’interpeler mais en fait non pas du tout, ça se résume pour moi à un récit très adolescent truffé de vaines tentatives d’humour où l’on écoute une Américaine ambitieuse et obsédée par son ex nous raconter comment finalement c’est trop bien la vie simple, la preuve regardez, je médite !

Bref, ce livre est chiant et tellement léger qu’il est sur le point de s’envoler au premier coup de vent (en fait il n’est pas seulement léger, il est surtout carrément con-con). Et je m’en voudrais presque de ne pas avoir accroché alors qu’il a été un best seller mondial. Je voudrais bien dire que je me sens sale et différente mais en fait, non. Si encore il n’avait pas la prétention de s’afficher comme une quête mystique ou spirituelle, on pourrait dire que c’est une tentative maladroite et infructueuse de faire un truc un peu marrant et girly à la Bridget Jones (le trash et la loose en moins). Le coup de la trentenaire qui fait le point sur sa vie de merde (une vie de merde avec un job génial, un mec génial, une paye génial, des copines géniales et rien que des choses géniales, soit dit en passant) et qui nous embarque dans ses aventures de folaïe en quête du sens de la vie, youhou, sur ce coup-là, ça ne prend pas, mais alors vraiment pas.

Disons que si j’avais eu envie de lire un bon roman initiatique, j’avais qu’à fouiller dans ma bibliothèque pour en trouver une demi-douzaine cent fois mieux que ce récit-là. Si j’avais voulu lire un truc sur une personne lambda découvrant la spiritualité, idem. Et si j’avais eu envie d’entendre parler de bouffe italienne toutes les trois pages, j’aurais acheté La Cuillère d’argent direct. Mais dans tous les cas, je me serais épargnée ce truc indigeste que j’ai jamais réussi à finir d’ailleurs tant le style est imbuvable. Et la narratrice, chiante. Non, pas chiante, plutôt du genre à qui on a envie de coller des baffes en hurlant « Bon ça va cinq minutes la pimbêche avec ses vannes pourries qui croit avoir trouvé Dieu dans le trou de son cul ». Mais on va dire que je méprise. Et que je suis méchante. Alors que juste, j’ai pas aimé.

Toujours est-il que si je devais résumer ce livre en une phrase, je vous dirais simplement ceci : si ce livre était un compte Instagram, ce serait un de ces comptes bourrés de selfies, de souvenirs de voyage mis en scène, de photos de bouffe, avec une petite note hippie cool du genre « Voyez comme je sais rester simple et spirituelle ». Avec une fille qui pose en photo dans les vagues en scrutant le ciel bleu derrière ses lunettes Gucci intitulée : « Retrouver les choses simples, écouter le monde, entrevoir l’univers #spiritualityrules ».

 

 

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