La Nuit (Elie Wiesel)

Le roman La Nuit m’a été conseillé par un certain Igor, au dos d’une carte postée de Russie et représentant Bob Marley dans des volutes de marijuana. Quelle étrangeté, en effet, que de recevoir une telle carte, comme si j’avais une gueule à écouter du reggae, ouais, mais comme le souligne Igor,« Je vous envoie Bob Marley car c’est un personnage plein de contradictions ». Soit, quitte à recevoir la photo d’un mec plein de contradictions j’aurais préféré celle d’Elvis Presley ou de Jésus Christ.

Toujours est-il que ce cher Igor m’a vivement recommandé ce roman sans me préciser que sa lecture allait légèrement me briser le coeur et me ruiner le moral pour la semaine, voire pour une décennie, mais après tout, n’est-ce pas ce qu’on attend le plus souvent d’un grand livre, qu’il nous extirpe les tripes du corps et nous fasse pleurer tout notre saoul ?

Lire La Nuit, c’est précisément sentir ses tripes se liquéfier et notre coeur se briser en minuscules miettes à mesure qu’avance le récit. Récit malheureusement ordinaire d’un adolescent déporté vers Auschwitz en 1944, récit de la souffrance d’un enfant qui voit autour de lui le monde devenir fou et le Dieu qu’il prie tant les abandonner et autoriser l’horreur.

Au milieu des fosses remplies de corps d’enfants, des odeurs de chairs brûlées crachées par les fours crématoires, des cris de ses frères mourant de faim ou sombrant dans la folie, le jeune Elie décide de vivre coûte que coûte, de survivre à cet enfer, pas seulement pour lui mais aussi pour son père déporté à ses côtés. L’horreur innommable des camps, la monstruosité nazie, les coups, les tortures, la faim et le froid, les hommes réduits à l’état de bêtes qui un beau jour s’entre-tuent pour un morceau de pain, les enfants pendus au bout d’une corde que l’on vous ordonne de fixer jusqu’à son dernier souffle, bref, rien que des épisodes qui détruisent bien le moral et mettent le coeur en morceaux.

Ca m’a rappelé la fois où, en classe de troisième, la prof d’Histoire avait tiré les lourds rideaux gris, allumé le poste de télévision et inséré une VHS dans le lecteur de cassettes avant d’annoncer d’un ton sévère : « Aujourd’hui, nous allons regarder Nuit et Brouillard. Certains d’entre vous risquent de ne pas très bien le vivre mais ce n’est pas mon problème, je veux que vous regardiez ça. Il faut que vous le voyiez. ». Et bien aujourd’hui, j’ai bien envie de reprendre ses mots car il n’y a pas grand chose d’autre à dire sur La Nuit si ce n’est que, en effet, ilfaut lire ce récit.

 

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