La Harpe d’herbes (Truman Capote)

Annika m’a envoyée d’Allemagne une géniale carte postale représentant la couverture d’un numéro de Planet stories, magazine de science-fiction américain publié entre les années 40 et 50 , avec des monstres tentaculaires, une jeune fille en détresse et un héros évidemment équipé d’un pistolet laser. Et je me suis dit que quelqu’un qui connaît Planet Stories ou faisant preuve d’aussi bon goût en matière de carte postale ne peut forcément pas avoir des goûts de chiotte en matière de livres, ça me paraît relever du bon sens. Aussi quand Annika m’a conseillé de lire La Harpe d’herbes de Truman Capote, j’ai eu le sentiment que je n’allais pas prendre trop de risques.

 

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Après la mort de sa mère, le jeune Collin part vivre chez deux vieilles cousines, Verena et Dolly Talbo. Verena est une vieille fille rigide et austère, femme d’affaire hors pair, pour laquelle Collin n’éprouve ni grand intérêt ni vive affection. En revanche, sa soeur Dolly, que les habitants de la petite ville pensent un peu folle et simplette, va immédiatement le captiver et gagner son coeur. Dolly est une femme douce et effacée qui dort dans une chambre entièrement peinte en rose, accroche des photographies de chatons dans sa cuisine, passe son temps à jouer et à faire des gâteaux et surtout, qui s’émerveille de tout. On pourrait dire de Dolly qu’elle est une belle âme, faisant partie de ces rares personnes qui savent voir la beauté en toute chose, la bonté en tout être, qui s’émerveille en cueillant des plantes et des herbes dont elle fait une mystérieuse potion, qui se réjouit de chaque rencontre et de chaque éclat de rire. Avec sa meilleure amie Catherine, une vieille servante noire édentée qui se prend pour une Indienne, Dolly entraîne Collin dans ses jeux, ses envolées poétiques  et ses longues promenades au cours desquelles elle lui certains secrets qu’elle semble être la seule à détenir, comme celui de la « harpe d’herbe », cette haute herbe indienne qui, lorsqu’elle est parcourue par le vent, révèle les voix des âmes humaines qui racontent l’histoire des gens de la colline.

Un beau jour, un vif désaccord survient entre les deux soeurs Talbo et Dolly, qui refuse d’être davantage un poids pour Verena, décide de quitter la maison familiale en emportant avec elle une petite valise et, bien entendu, Collin et sa fidèle Catherine. Le joyeux trio part en quête d’un nouvel endroit où vivre et décide de s’installer dans la vieille cabane abandonnée, perchée tout en haut d’un arbre. La nouvelle gagne bientôt toute la ville et des scènes inattendues vont avoir lieu au pied de l’arbre tandis que de nouveaux compagnons de route vont croiser le chemin des trois fugitifs : l’impétueux Riley, le vieux juge Cool, une veuve et sa caravane d’enfants, sans oublier les gens de la ville, bien décidés à déloger coûte que coûte le petit groupe de l’arbre.

Ce petit roman est un condensé de poésie comme j’ai rarement eu l’occasion d’en lire. Truman, en vérité je te le dis, tu as réussi à faire pleurer mon coeur de jeune fille et moi aussi maintenant, j’ai envie de me réfugier en haut d’un arbre pour manger du ragoût d’écureuil et fumer ma première cigarette. Et moi aussi j’ai envie de me réfugier tout contre Dolly Talbo pour l’entendre me parler des secrets des gitanes et de la harpe d’herbe en mangeant des biscuits au beurre.

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