Jane Eyre (Charlotte Brontë)

Pour changer un peu de la littérature jeunesse, je me suis dit que j’allais prendre mon courage à deux mains et lire, ce coup-ci, le livre le plus sérieux et le plus chiant de toute ma pile de livres en attente. Alors j’ai choisi de lire Jane Eyre  , le grand classique que tout le monde a lu au lycée ou la fac sauf moi, et n’allez pas croire qu’en dépit du style que je me donne, je ne suis pas une vraie lectrice, dites-vous juste que j’y suis pour rien si j’ai passé trois ou quatre années de ma jeunesse à dévorer tous les San Antonio sans jamais me lasser, au lieu de lire les classiques.

Sans déconner, quand une lectrice de ce blog m’a conseillée de lire Jane Eyre  en considérant ce roman comme son livre préféré de tous les temps, je me suis dit merde alors, je vais encore me taper un truc long et chiant au nom de ce challenge à la con. Mais comme j’ai précisément le sens du challenge et que je suis bien décidée à jouer le jeu jusqu’au bout (c’est-à-dire que quand j’aurais 98 ans, j’en serai encore à me taper les bouquins préférés du monde entier au nom de l’amour du challenge) (mais comme d’ici là les gens auront sans doute arrêté de lire, je ne serai pas trop surchargée).

Je m’attendais donc à lire un de ces énièmes romans vieillot avec une héroïne romantique chiante à mourir qui s’épanche pendant des pages et des pages en se demandant si elle va épouser le duc de Moncul ou rester vierge jusqu’à la mort en attendant que l’amiral Troudballe daigne la regarder au prochain tea time.

Le truc c’est que je ne m’attendais pas à éprouver une sympathie sans limite pour cette héroïne dès les premières pages. Ni à découvrir une héroïne sombre et torturée depuis sa plus tendre enfance qui va de chiure en chiure, mais n’allez pas croire que j’ai un penchant masochiste pour les héroïnes qui souffrent, j’ai juste un attrait certains pour les gens à la fois droits et compliqués.

Je ne sais pas si ça vaut le coup que je m’attarde sur l’histoire de Jane Eyre vu que, comme je le disais, vous l’avez tous lu au lycée pendant que moi j’allais acheter Tarte aux poils sur commande chez le bouquiniste.

En gros, Jane Eyre est une orpheline maltraitée par la famille de gros bourges censée prendre soin d’elle, qui finit par être reléguée dans le pensionnat austère de Lowood. Là, elle subit la faim et le froid quotidien et passe son temps à étudier, y en a qui se foutraient en l’air pour moins que ça. Comme si ça ne suffisait pas, elle se fait une chouette meilleure amie qui meurt de la tuberculose, quand je vous dis que cette Jane Eyre, c’est une gagnante. Et puis bref, au bon de huit années passées dans ce pensionnant de l’enfer, Jane devient professeur et dégote un poste de préceptrice auprès de la protégée d’un riche propriétaire, M. Rochester.

Là on se dit que ça va enfin devenir un peu cool pour Jane qui, par chance, atterrit dans une saine maisonnée (genre, c’est ce qu’on croit au début, tu penses bien) où elle apprécie la compagnie des autres domestiques et de la fillette qu’elle est chargée d’éduquer. Et où elle finit par lier une relation à la fois étrange et exclusive avec le maître des lieux, l’insondable Rochester.

Bon, ensuite je te la fais courte, Rochester tombe amoureux d’elle, alors qu’il a toutes les bonnes de la région à ses trousses (rapport à sa fortune, évidemment), mais lui il s’en fout, il aime la gouvernante moche et c’est ton à son honneur. On s’émeut quand Rochester se déclare enfin, quand Jane accepte de l’épouser, sauf que, bah ouais, rien ne se passe jamais comme il faut dans ce genre d’histoire. Et en vrac, il sera question de mariage impossible, d’apparitions nocturnes cauchemardesques dans les couloirs du manoir, d’un étrange secret confiné dans le grenier, de retour à la case départ, d’amours déçus, de drame qui s’enchaînent à l’infini mais hey, laissez-moi vous dire que ça vaut le coup jusqu’à la dernière page. Et que Jane Eyre remporte sans doute une place dans le top des livres que j’ai mal jugés et que j’ai cru vieillots et chiants alors qu’au final, j’ai juste envie de serrer dans mes bras la personne qui me l’a fait lire. Donc voilà, big hug virtuel à la fan de Jane Eyre  qui a fait atterrir ce livre sur ma pile.

 

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