Coeur d’encre (Cornelia Funke)

J’ai reçu une mignonne carte avec un mignon timbre et de mignons stickers alphabet, en provenance de Finlande. Elle m’a été envoyée par Vilma et Leena, une mère et sa fille, et je ne sais pas très bien laquelle des deux est la mère ni laquelle est la fille.

Vilma et Leena aiment lire et m’ont confiée que l’un de leurs livres préférés était Coeur d’encre et là encore, je me demande si c’est le livre préféré de la mère, ou de la fille, voire encore des deux à la fois, et vous allez me dire qu’on s’en fout un peu après tout, mais laissez-moi être obsédée par les détails si je le veux.

Bref, s’agissant d’un roman jeunesse, j’ai supposé qu’il s’agissait probablement du roman préféré de la plus jeune des deux mais hé, je ne saurai jamais si c’est bien le cas.

J’ai acheté Coeur d’encre  de Cornelia Funke sans conviction. Car le titre me semblait un peu cheap et résonnait comme celui de ces trilogies pour adultes très à la mode qui sentent le cul et le gin tonic. Mais par chance, je m’étais trompée. Car Cœur d’encre est en réalité le premier volet d’une trilogie fantastique où des héros de fantasy s’invitent bien malgré eux dans notre monde réel. Et vous allez me dire, comme A CHAQUE FOIS, « Mais ouais ma grosse, y a même eu une adaptation en film », et je vais vous répondre que merde à la fin, ça commence à devenir pénible de lire des livres que personne n’a lus mais dont tout le monde a vu les adaptations.

Donc, Coeur d’encre est une histoire fantastique ayant donné lieu à une adaptation avec, dans le rôle principal, le type qui fait George de La Jungle. Vous voyez, tout de suite, ça donne vachement moins envie de voir l’adaptation et beaucoup plus envie de lire le livre, ne me remerciez pas, c’est cadeau.

C’est l’histoire de Meggie, une fillette d’une dizaine d’années vivant seule avec son père Mo depuis la disparition de sa mère, lorsqu’elle chiait encore dans ses couches (l’enfant, pas la mère). Mo restaure des livres rares et précieux et transmet à sa fille sa passion pour les livres et pour les belles histoires, bien que celle-ci regrette qu’il ne lui ait jamais fait la lecture, pas même dans sa petite enfance.

Une nuit, un drôle de personnage se présente à leur porte parce que oui, c’est comme ça, les types balafrés et bizarres se pointent rarement chez qui que ce soit à l’heure du goûter pour réclamer une barre de Kit Kat, ils préfèrent faire ça la nuit, ça a beaucoup plus de gueule.

Bref, le drôle de type se fait appeler Doigt de poussière, s’adresse familièrement à Mo en l’appelant Langue magique et le lendemain, quand Mo fait brusquement plier bagage à sa fille pour rejoindre d’urgence la demeure de leur vieille tante Elinor, Meggie se doute bien qu’il se trame un truc pas très clair. De fil en aiguille, Meggie va découvrir que cet étrange cracheur de feu balafré qui se balade avec une martre cornue dans le sac à dos, n’appartient pas exactement à ce monde. Pour être exact, il a surgi malgré lui d’une histoire contée par Mo il y a de nombreuses années. Bien décidé à retourner dans son histoire, Doigt de poussière va faire appel à l’aide de Mo mais tout n’est pas si simple, d’autant qu’il n’est pas le seul personnage à avoir été extirpé du roman et téléporté dans le monde réel : Capricorne, le gros méchant du bouquin, a aussi déboulé malgré lui mais de son côté, il compte bien faire régner la terreur et les ténèbres sur notre monde plutôt que de retourner dans son histoire pourrie.

Imaginez, c’est un peu comme si on lisait le Seigneur des anneaux et qu’on faisait surgir Soron sans le vouloir. Vous voyez un peu le bordel, après ça, pour le faire retourner dans son histoire alors que lui, tout ce qu’il voudrait, c’est transformer tous les Prisunic en Minas Morgul ?!

Bref, voilà le père et sa fille transportée dans une aventure en quête du dernier exemplaire deCoeur d’encre
épaulés par Doigt de poussière et Elinor, la vieille tante collectionneuse de livres. On y rencontre des personnages carrément extra, c’est plein de suspens, ça a un petit côté Harry Potter avec juste ce qu’il faut de magie et de fantasy et avec en plus, des références littéraires omniprésentes qui donnent envie de relire tous nos classiques de l’imaginaire, beaucoup de poésie, des vrais gros méchants couillus du genre qui menacent de te couper en morceaux avec leur opinel, presque autant d’action que dans un Jacky Chan (mais avec moins de cascades) et sans déconner, autant j’ai entrepris cette lecture à reculons, autant je me suis laissée prendre au jeu au point d’avoir à nouveau huit ans et de lire à la lampe de poche sous ma couette à l’heure où tout le monde dort.

Lisez-le, c’est vraiment bien fait, on brûle de connaître la suite quand on achève son chapitre et, bien entendu, on crève d’envie de se payer les tomes suivants (Sang d’encre  et Mort d’encre) pour retrouver Doigt de poussière, Meggie, Mo et les autres dans de nouvelles aventures. Personnellement, depuis que je l’ai lu, je n’arrête pas de harceler mes gosses pour qu’ils le lisent absolument mais ces petits fumiers ingrats préfèrent regarder les chatons qui pètent dans les bêtisiers des chaînes câblées plutôt que de lire un livre (qu’ai-je donc fait au bon Dieu pour qu’ils me ressemblent si peu sur ce point ?) (et pourtant, n’allez pas croire que j’aie une dent contre les chats qui pètent hein). Alors faites-moi plaisir et lisez-le, vous.

 

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