Cheval de guerre (Michael Morpurgo)

J’ai reçu une carte postale du dessin animé Anastasia adressée par une Thaïlandaise répondant au nom de Bird (mais comment savoir s’il s’agit bien de son vrai nom). Par une journée ensoleillée où le thermomètre affichait 34 degrés en plein après-midi (en Thaïlande, pas en Lorraine hein), Bird m’a confiée que son livre préféré était Cheval de guerre de Michael Morpurgo, puis elle a collé cinq timbres et un sticker pizza et m’a dessinée un petit soleil au stylo vert avant de poster sa carte.

Oui je sais ce que vous allez dire : que vous avez déjà tous vu le film.

Alors il y a une chose qu’il va falloir que je vous signale une bonne fois pour toutes : je suis le genre de filles qui n’est jamais au courant de rien en ce qui concerne le cinéma, les séries TV et tout ce qui se passe généralement de novueau sur le grand ou le petit écran. Moi, j’allume essentiellement ma télévision pour regarder Food Factory, l’émission la plus hypnotique qui soit, histoire de regarder des boîtes de sauce chili défiler par milliers sur des tapis roulants avant d’être conditionnées par lots de 6 et expédiées dans un hangar. Et j’ai systématiquement trois ans de retard sur toutes les bonnes séries et sur les films incontournables  qu’il ne faut manquer pour rien au monde. Alors l’autre jour, quand j’étais en train de lire Cheval de guerre en mangeant ma tartine bi-goût et que mon vieux mari m’a interpelée en me disant « Hé mais c’est super connu ton truc, Spielberg en a pas fait un film ? », j’ai presque failli renverser ma Ricorée tellement j’en ai marre que tout le monde ait vu toutes les adaptations cinématographiques de tous les livres que je lis dix ans après tout le monde. Je veux dire, c’est pas toujours évident d’accepter que je ne suis pas et que je ne serai jamais une fille dans le coup. Et puis merde à la fin, il en a pas marre Spielberg d’adapter autant de bons livres et de me gâcher le plaisir de la lecture ? Oui parce que du coup, quand j’apprends ça, j’ai envie de lâcher le livre pour regarder le film en me disant que ce sera beaucoup plus rapide et plus rentable vu que je pourrai découvrir l’histoire en moins de deux heures tout en me crochetant un 72ème châle d’octogénaire déprimée.

Mais qu’importe. J’ai décidé de lire Cheval de guerre et de ne pas regarder le film.

C’est l’histoire d’un cheval. De guerre. Sans blague.

Une histoire racontée par le cheval himself, avouez que ce n’est pas commun. Moi je trouve ça bien, ça change un peu quand le narrateur est un cheval. Et j’espère très fort qu’un jour, je tomberai sur un livre dont le narrateur sera un pangolin.

C’est donc l’histoire de Joey, un cheval beau et gentil, forcément, qui se lie d’amitié avec le jeune Albert après que le père de ce dernier, un femier rustre et violent, l’ait gagné aux enchères. Dressé par Albert, il devient une monture d’exception puis, sur les ordres du père, devient cheval de ferme et passe désormais ses journées à travailler dans les champs. Et puis un beau jour, le père décide de vendre Joey à l’armée anglaise sans en toucher mot à Albert, évidemment, car n’oubliez pas que c’est un sale type et que les sales types font ce genre de coups de pute pernicieux sans aucun état d’âme. En découvrant l’absence de son cheval et meilleur ami, Albert se précipite pour tenter de le récupérer mais comme tu t’en doutes, il est trop tard, sans ça ce serait pas drôle. Albert se porte alors volontaire pour intégrer à son tour l’armée anglaise et partir au combat car voilà la seule chance de retrouver Joey. En raison de son âge, il n’est pas admis à s’engager mais se voit promettre, par un officier, que Joey recevra toute l’attention qu’il mérite et que dans quelques années, Albert pourra rejoindre l’armée et qui sait, peut-être retrouver son cheval.

S’en suit un récit de guerre vu à travers les yeux d’un cheval devenu cheval de guerre malgré lui. Tirant les canons jusqu’aux lignes de front, déplaçant des ambulances pleines de blessés, Joey nous raconte sa vision de la guerre, les scènes de champ de bataille, les hommes qui s’entretuent, les chevaux sacrifiés au cours d’assauts insensés et désespérés. Il parle aussi des hommes qui croisent sa route, des bons comme des mauvais, des rudes officiers qui ne le ménagent pas au vieux fermier au bon cœur chez qui il séjourne quelques temps. Il parle encore des autres chevaux de guerre, sans qui la guerre ne pourrait tout simplement pas être menée, ces chevaux indispensables à bien des tâches, ces chevaux qui secourent et qui endurent inlassablement les longs et périlleux déplacements jusqu’à, parfois, s’effondrer et mourir de fatigue, au même titre que les hommes.

Vraiment, j’ai trouvé que c’était une très jolie histoire. Et mon cœur de petite fille en a presque pleuré par moments, à moins que ce ne soit mon cœur de grande fille obsédée par les animaux de ferme, j’avoue que je ne sais plus très bien. Evidemment, ça se lit vite et bien, et c’est surtout le genre de livres que je conseillerais volontiers à mes enfants (à partir de 9 ans, d’après l’éditeur, mais ça marche aussi parfaitement sur les grands enfants de 34 ans, croyez-moi).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s